Je suis donc de retour à la maison avec mon drain, et le moral à zéro. L'infirmière passe tous les jours pour surveiller et mesurer l'écoulement. Elle change aussi la poche et nettoie la plaie.

Je reprends le boulot mi aout. Le drain est toujours là. Et il me fait mal. Je vois le chirurgien, qui me dit qu'il faut le laisser le plus longtemps possible. Soit. Les scanners de contrôle ne montrent pas d'évolutions flagrantes.

Vers la mi septembre, le liquide qui s'écoule commence à dégager une sale odeur. Je ne m'étendrai pas sur sa couleur carrément écoeurante. J'ai également un peu de fièvre.Sur les conseils du chirurgien, je me rend aux urgences. La prise de sang ne montre rien d'alarmant, le scanner non plus. La chirurgienne d'astreinte me donne l'autorisation de rentrée à la maison, et me demande, si je suis sans nouvelles d'elle ou du chirurgien lundi (pour avoir un rdv pour enlever le drain), de les rappeller.

Ce que je fais donc le mardi. Mais ce jour là, j'ai la poisse. Je tombe une 1ere fois sur une secrétaire pas agréable, qui me dit qu'elle transmet le message et me rappelle. N'ayant aucunes nouvelles je la recontacte l'après midi. Et là je me suis faite franchement recevoir. La chirurgienne est au bloc, donc elle ne peux pas me parler (jusque là, d'accord). Non elle ne veut pas interroger le chirurgien, qui est en consultation. Je dois attendre qu'on veuille bien me téléphoner. Et en attendant, je pue la mort, je chauffe et j'ai mal.

J'explique la situation à l'infirmière qui vient le soir à la maison. Elle est choquée de l'attitude de la secrétaire, et me dit qu'elle appellera elle le lendemain matin. Et bizarrement, ca fonctionne. Elle a du utiliser les bon mots, car je suis de nouveau attendue aux urgences. Je passe l'après midi à somneler sur un brancard. J'ai droit à une nouvelle prise de sang (RAS). Le chirurgien est au bloc, pour une longue intervention. Du coup il demande à ce que je sois hospitalisée dans son service. Comme,d'habitude, le personnel est adorable. C'est bon pour mon moral proche du néant. Le chirurgien passe me voir à la sortie du bloc. La sale odeur que je dégage a déja envahie la chambre (heureusement je suis seule). Il m'explique que le drain sera enlevé demain et qu'il me prescrit une perfusion d'antibiotiques. Sur le coup, je panique. En pleure, je lui demande que ce soit lui qui enlève le drain (c'est normalement un acte infirmier à l'hopital). Ben oui, il ne m'avait pas du tout fait mal la dernière fois. A mon grand soulagement, il accepte imédiatement. J'ai même pas eu besoin de négocier.

Le lendemain, en début de soirée, c'est l'opération "retrait du drain". Le chirurgien est là, accompagné d'un infirmier. Et ca ce voit que l'ambiance est bonne entre eux. Par habitude, je ne regarde pas ce qu'il me fait. Je sens juste ses mains qui me touchent. A un moment, il me dit, "attention, là ca va faire mal". Je me cramponne au lit, et là les deux éclatent de rire. Le chirurgien me touche l'épaule et me dit, "non c'est bon je rigole, c'est fini". C'est pas grand chose, c'est à mes dépends, mais c'est je genre de choses que j'apprecie chez ce chirurgien. Il sait comment faire pour me détendre, même si c'est à retardement.

Le WE suivant, c'est lui qui est de garde. Je l'attends avec impatience, il doit me donner son autorisation de sortie, suivant les résultats de la dernière prise de sang. Il n'a pas aimé la veille quand je lui ai dit que j'avais toujours mal, mais tant pis. Le samedi, alors qu'il fait son tour avec l'infirmière, j'enttends celle ci dire "ici, on à Mme Erzebeth qui est ...." Il la coupe, rentre dans la chambre en s'exclament "Mais Mme Erzebeth, je la connais par coeur, hein c'est vrai Mme Erzebeth ?"

Ouf, les nouvelles sont bonnes, j'ai le droit de sortir. Sous antibio, mais tant pis. Une nouvelle visite et un nouveau scanner sont prgrammés pour la fin septembre.