Comme dit dans le post précedent, je teste un nouveau médicament, qui est sensé calmer le pancréas, et donc les douleurs. Le toubib du CHU m'a assuré que je verrai la différence 2 - 3 jours après l'injection. Une infirmière doit me les faire une fois par mois, jusqu'en mars donc.

Première étape, commander le produit. La préparatrice en pharmacie tique un peu en voyant l'ordonnance. Il faut le commander, et le délai de livraison est un peu long (3 jours). Ca tombe bien, on est vendredi, et comme je suis en formation du lundi et mardi suivant, l'infirmière ne pourra pas venir avant mercredi.

Ma première injection en intramusculaire. Il faut dire que j'appréhende un peu. L'infirmière me rassure sur le geste en lui même, mais ne me fait pas de promesse sur le produit : elle ne le connaît pas. C'est fini, tout c'est bien passer. Aucune douleur lors de l'injection. Je suis plutôt confiante pour la suite.

Le lendemain matin, je  me lève avec des vertiges et des nausées (et toujours mal, c'est trop tôt encore). Je vais quand même bosser. Fatale erreur, je suis bonne à rien. Je me suis rendue compte après coup que prendre la voiture était dangereux. Ma collègue me renvoie à la maison. Je suis vraiment pas bien. Je prends ma dextro : 40 mg/dl. Une belle hypoglycémie, mais je l'encaisse, merci à mon cerveau de se souvenir de ces dernières années. Par acquis de conscience, je regarde la notice du médicament. Entre autres effets secondaires : vertiges, nausées et hypoglycémies... J'appelle mon médecin traitant pour avoir son avis. Il n'a pas beaucoup d'expérience sur le produit, mais il connaît mes effets secondaires. Ca va passer, mais il me dit de venir le voir pour les prochaines injections pour un arrêt de travail. Là c'est pas la peine, on est jeudi, et demain je suis en congés (belle coïncidence).

La douleur se calment nettement quelques jours après. Je peux enfin me tenir droite. Ca faisait longtemps. Par contre les effets secondaires, eux, continuent. Moins forts que les 1er jours, mais bien gênant quand même. Le médecin du CHU m'avait dis qu'en cas de soucis, je devais voir avec son pote chirurgien, beaucoup plus proche. Je l'appelle donc pour avoir son avis. Pour savoir si c'est normal que les effets secondaires s'éternisent. Et oui, c'est normal. Le produit est à libération prolongée. Donc tant que ca fait effet, les effets secondaires sont là. Il me dit que j'ai le choix : les douleurs ou les effets secondaires. Super le dilemme, mais pour l'instant, je choisis les effets secondaires et programme l'injection suivante.

Ce que je ne me doutais pas, c'est que quelques jours avant celle-ci, j'ai eu le combo gagnant : douleurs très fortes et vertiges de titans. C'est trop pour moi, le médecin m'arrête quelques jours.

Vient le jour de l'injection n°2. Et ce coup ci, j'ai failli faire un malaise. L'infirmière pique, commence à injecter le produit et moi j'ai une grosse suée et je me sens défaillir. Elle a juste le temps de terminer et moi je file vomir. Heureusement, c'était une fausse alerte, mais ça m'a bien secoué quand même. Bon cette fois ci, les effets secondaires varient : pas de nausées (ouf), toujours des vertiges (grrr) et une fatigue comme je ne me souviens pas en avoir déjà eu. C'est simple, je me lève le matin (à 6h30) avec l'impression de ne pas avoir dormis de la nuit. La journée j'ai du mal a garder les yeux ouverts, et plusieurs fois, j'ai du me concentrer très fort (aidée de la musique et de la fenêtre ouverte) pour ne pas m'endormir au volant. Et le pire,c'est que les soirs, je vais me coucher à 19h30 - 20h, et que je m'endors à peine la tête posée sur l'oreiller. Ca m'inquiète un peut cette histoire, donc j'appelle le chirurgien (je dois le soûler sérieux à force). Il me dit que c'est normal, mais qu'il veut quand même me voir rapidement, avec un nouveau scanner. Le rdv est fixé pour 1 mois plus tard (bein oui, avoir un rdv pour un scanner, c'est long).

Je retourne voir mon médecin traitant quand la douleur commence à réapparaître (pour qu'il me fournisse de nouvelles doses d'acupan), et je lui raconte ces derniers évènements. Selon lui, le mieux serait que le chirurgien m'opère pour voir exactement ce qu'il se passe. Et en fait je suis assez d'accord. Il va me préparer un courrier en ce sens et me dit de lui dire que la sandostatine qui me transforme en zombie, c'est vraiment pas terrible.

Injection n°3. Ce coup ci pas de malaise, tout se passe bien. Par contre les effets secondaires apparaissent 20 minutes après. Les autres fois, c'était le lendemain matin. J'ai du mal à tenir debout. Heureusement, je suis en arrêt quelques jours pour encaisser la période la plus critique.

Arrivent enfin le scanner et le RDV avec le chirurgien. Il prend connaissance du courrier de mon médecin traitant et m'explique qu'une chirurgie n'est pas envisageable, trop de risques pour un bénéfice incertain. Il m'annonce que le scanner est plutôt pas mal. La sandostatine fait bien son effet. D'après lui, il y a des chances que son pote du CHU prolonge le traitement malgré les effets que ça a sur moi (désillusion). Pourquoi j'ai toujours mal ? Ça peut être encore la collection (dans ce cas la douleur disparaîtra avec elle) ou l'intestin qui a été abîmer par un des drainages. Il faut attendre (je commence à avoir l'habitude) et si la douleur persiste après la disparition de la collection, faire des examen plus poussés pour confirmer ou infirmer la deuxième hypothèse.

On est en début d'année, période des entretiens professionnels. A la fin de celui-ci ma big chef m'intéroge sur mes problèmes de santé. Elle est inquiète quand je lui parle des vertiges et de la fatigue. Elle en parle avec ma collègue et supérieure hierarchique quelques jours après. Elles craignent toutes les deux l'accident sur la route, qui serait de fait un accident de travail. Elles décident de demander une visite médicale, avec une inaptitude qui pointe le bout de son nez. Je suis dégoûtée.

Injection n°4 : les effets secondaires sont encore plus rapides à arriver. Je vais chez mon médecin traitant pour l'arrêt de travail post injection et je lui parle de la demande de visite médicale par mon travail. Et bien sur, il est plutôt d'accord avec ça. Il me reproche de quasiment systématiquement refuser de m'arrêter. On discute un peu, je lui parle des prochaines visites au CHU : le scanner dans 2 jours et la consultation chez le pote du chirurgien la semaine suivante. Il me dit qu'il m'arrête donc jusqu'a la fin de la semaine suivante, pour que je me repose et que je fasse les visites sereinement. J'ouvre la bouche pour lui dire non, mais pas le temps de parler qu'il me demande si j'ai une raison valable pour refuser, et que "j'ai trop de boulot" n'est pas une raison valable. Je sais pas quoi répondre et vaincue j'accepte. Il me dit que c'est normal de culpabiliser, que lui est pareil, mais qu'il faut cesser et penser à soi ....

PS : j'ai discuté avec une amie de la difficulté que j'ai à m'arrêter, et voila ce qu'elle m'a répondu : "c'est parce que tu te poses trop de questions et tu penses que tu n'es pas une personne bien et fiable parce que tu ne travailles pas à ce moment là....enlève toi ca de la tête si c'est le regard des autres qui te gêne et ce qu'ils peuvent penser ou dire en ton absence.....tu n'as pas le choix c'est comme ca accepte le. Te faire un trou dans la tête ou te sentir mal ne changera rien à la situation" .... Je crois bien qu'elle a mis dans le mille