Le médecin passe me voir une fois que je suis installée dans son service. J'ai droit à une perfusion d'antibiotiques et d'anti-douleur. Il m'annonce la suite des rejouissances, organisées entre lui (qui quitte l'hopital 4 jours plus tard) et le chirurgien (qui est en congés le soir même pour 3 semaines) : pose d'un drain par imagerie interventionnelle le lendemain, et ensuite au minimum 10 jours à jeun, sous nutrition parenterale et somatostatine pour mettre le pancréas au repos complet en esperant qu'il cicatrise. J'insiste, vu mon experience, pour avoir une anesthésie générale. Pour lui, pas de soucis, c'est prévu.

Je descends au bloc le lendemain matin. Ca ce voit qu'ils ne sont pas à l'aise avec les urgences (même si tout va bien se passer quand même) : l'anesthésie n'est pas prévue. J'insiste auprès du médecin (anesthésiste) qui me pose la voie veineuse centrale. Il va voir ses collègues et me dit que c'est bon. Arrivée devant la porte de la salle d'opération, j'entends parler les intervenant d'une sédation. Je leur dit qu'il vaut mieux m'endormir vraiment pour la tranquilité de tout le monde, à moins que la sédation soit vraiment costaud. Le radiologue qui doit me poser le drain arrive à ce même moment. C'est celui avec qui j'avais fait une crise de panique la première fois. Il confirme mes dire. C'est bon, l'accord final est donné, je serais endormie.

Comme je disais, l'opération c'est très bien passée. Je regagne ma chambre avec le drain et une perfusion dans la grosse veine du cou. C'est par la que je vais etre nourrie ces prochains jours, et que les médicaments vont passer. Et franchement, je sais pas comment ils ont dosé l'anesthésie mais respect. Je suis dans une forme presque olympique. L'interne du service vient me voir pour me donner le compte rendu de l'opération. Apparament, il y a pas mal de pu qui est sorti. Mes soucis n'étaient donc dans ma tête (je me posais serieusement la question). Ouf.

Une première échographie de contrôle a lieu le mercredi suivant. Et bonne nouvelle, elle montre que la collection a réduit de 60%. A ce moment là, les deux docteurs qui me suivent sont absents. Je me sens un peu abandonnée, même si je vois tous les jours l'interne (qui communique avec les chirurgiens), et quelques fois un autre gastro-enterologue plutot bourru. Celui ci me mets d'ailleurs ce jour la un bon coup au moral, malgrés le resultat de l'échographie. Je vais rester encore au minimum 10 jours à jeun (donc 16 jours en tout). Pas génial pour le moral. Je passe en mode chouineuse. J'essaie de le cacher, mais un des infirmiers le remarque. Il me dit des paroles réconfortantes, et sorti de la chambre, il en informe ses collègues. Et c'est là que l'on peut voir que les infirmièr(e)s et aide-soignant(e)s de ce service sont adorables. Une aide soignante vient me voir et me propose un bouillon comme "repas" pour le soir. Je suis étonnée donc elle m'explique que comme j'ai droit de boire de la tisane depuis le début, je peux également avoir du bouillon clair. Que c'est juste de l'eau aromatisée, sans matières grasses. Le médecin est d'accord. Je crois que j'ai jamais été aussi heureuse de boire un bouillon. Il en faut peu pour etre heureux.

Le véritable coup de grace au moral viendra lors de l'échographie suivante, faite 1 semaine après. J'en suis à 14 jours de jeune. Une fois l'examen terminé, je demande au médecin ce qu'il en est. Il me répond texto : "ca a grossi", se lève et quitte la salle d'examen. Et moi je remonte dans ma chambre en larme. Je suis bien sur repérée par une infirmière du service, qui demande ce qu'il se passe. Je lui explique et elle me dit de pas angoisser tout de suite, qu'il faut attendre le compte rendu et que le radiologue a sacrément manqué de tact (elle est bien remonté contre lui).

Le lendemain l'interne me confirme que la collection a effectivement grossi. La chirurgienne (qui remplace donc mon chirurgien) a confirmé que ce n'était plus la peine d'etre à jeun, et que la somatostatine pouvait être stoppée. Elle doit passer me voir pour la suite. Le jour d'après, elle m'explique donc que le traitement tenté n'a pas fonctionné. Elle me laisse sortir, mais le drain reste avec moi, pour tenter de sortir le maximum de cochonnerie (en esperant que le pancréas cicatrise entre temps). Selon elle, il est possible de vivre avec la collection, si celle-ci n'occasione pas de douleurs ou de fièvre (mais à priori chez moi ça ne fonctionne pas). Il faut donc surveiller et attendre.